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L’Oréal – « L’innovation et la nature au service de la beauté »
// 3 mai 2013 // 0

L'OREALD’après les propos recueillis par Véronique Chance-Fournier auprès de Madame Patricia Pineau, Directrice Communication  de la R&D de L’Oréal

 

De la ride à la nervure, du poil au duvet, de la goutte de sueur à la goutte d’eau : si la ressemblance entre une feuille et une peau existe, y trouver un actif « correcteur fondamental » a nécessité à L’Oréal un processus d’innovation de 12 ans avec 17 brevets déposés !

Tout a commencé dans l’émotion, avec l’observation détaillée des gestes des consommatrices dans leur salle de bain et la hiérarchisation de leurs problèmes. Ainsi les attentes des femmes diffèrent avec l’âge et l’origine ethnique. Les Européennes sont plus sensibles aux rides alors qu’en Asie, les tâches et l’hétérogénéité du teint l’emportent.

A la recherche de l’ingrédient miracle

Il fallait donc trouver une formule globale, ayant une action sur les 3 couches de la peau (couche cornée, épiderme, derme) afin de combattre les processus physiologiques de vieillissement à la source et ayant une action multiple permettant de combattre à la fois les rides et les tâches de vieillissement et de relâchement.

La démarche biomimétique d’analyse du processus de cicatrisation des feuilles des plantes a permis l’identification par les chimistes de 2 acides : l’acide salicylique et l’acide jasmonique. Seul ce dernier présentait un intérêt.

Inactif sous sa forme originelle, les chimistes et les biologistes ont dû synthétiser plusieurs dérivés de l’acide jasmonique afin de trouver le plus efficace et le mieux toléré par la peau : le jasmonate LR2412. Ce dérivé étant impossible à extraire directement de la plante avec un bon rendement, L’Oréal a dû optimiser la synthèse pour fabriquer l’ingrédient actif - LR 2412.

L’efficacité de la molécule LR2412 a d’abord été évaluée sur des peaux reconstruites (in vitro), puis confirmée par des études cliniques sur des volontaires (biopsies de la peau avant/après et analyse des marqueurs biologiques). Afin d’optimiser l’activité de cette molécule, plusieurs formules ont été conçues et évaluées sur une centaine de consommatrices volontaires (sous contrôle dermatologique et autoévaluation).

Retour à l’émotion pour transformer cette invention en innovation réussie

Compte tenu de sa formule, seul un sérum pouvait porter le principe actif. Or, les Européennes préfèrent un produit avec effet de lissage immédiat, alors que les Asiatiques préfèrent des solutions plus aqueuses à tapoter sur le visage. Il a donc fallu dans un premier temps trouver la bonne texture.

Par ailleurs, la performance d’un produit « anti-âge » repose sur son efficacité clinique, biologique mais aussi sensorielle et émotionnelle (douceur, capacité d’étalement, parfumage, ..). C’est dans cette optique que l’Oréal a effectué un travail méticuleux sur les caractères organoleptiques du produit, afin de répondre à un cahier des charges sensoriel tout en garantissant une efficacité optimum de bio distribution de l’ingrédient actif.

L’émotion du consommateur est donc au centre du processus de développement : le velouté du sérum, sa transparence colorée et son parfum sont au centre de toutes les attentions. Ce travail est déterminant pour réussir le lancement du nouveau produit.

Lancé sous le nom de « Visionnaire » par Lancôme, ce nouveau sérum s’inscrit dans la lignée de « Généfique », le premier sérum que la marque avait lancé ciblant une action de surface. Trois mois après son lancement, « Visionnaire » n’a pas  cannibalisé « Généfique » et montre au contraire un démarrage identique laissant espérer un  chiffre d’affaires de 200 millions d’euros par an dès la première année avec de belles perspectives pour l’avenir (attribution du prix du meilleur sérum de l’année par le magazine japonais VOCE) !

Extrait du recueil des Belles Histoires des Trophées du Management de l’Innovation 2011

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